Biodiversité de la tourbière des Creusates

Qu’est-ce qu’une tourbière ?

Une tourbière est une zone humide caractérisée par la présence de mousses de type Sphaignes. Ces mousses, en mourant, s’accumulent progressivement pour former de la tourbe. C’est un sol caractérisé par une forte teneur en matière organique peu ou pas décomposée. Elle se forme toujours dans une dépression (creux). La tourbière des Creusates existe depuis 14000 ans et se situe à 1325 m d’altitude. La tourbe est constituée de matière organique qui se décompose mal du fait du manque d’oxygène. La tourbière était un lac glaciaire avant; avec le temps, le lac a été colonisé par les sphaignes qui ont rendu la tourbière acide. Elle est constituée de 9m de mousse (sphaigne) puis d’argile qu’on trouve à 13m de profondeur. On observe un microclimat particulier au niveau des tourbières. Aux Creusates la température moyenne annuelle est de 6°C et en été elle ne dépasse pas 15°C. Les températures sont en moyenne 10 °C inférieures à celles de Chambéry.

Les rôles écologiques de la tourbière

Les sphaignes empêchent le passage de l’oxygène dans l’eau et peuvent stocker 30 fois leur poids en eau sur l’année. Si la tourbière disparaît, il n’y aura plus d’eau sur le Revard et les écosystèmes présents disparaîtront également, c’est pour cela que ce milieu est protégé. La tourbière régule le cycle de l’eau sur le plateau et permet de restituer de l’eau pendant les périodes de sécheresse. La Tourbière
reçoit 100 mm d’eau par mois. Elle permet également la filtration de l’eau: celle-ci traverse les 4 mètres de tourbe les plus à la surface. La tourbe dépollue complètement l’eau et elle ressort transparente et potable. La tourbière stocke aussi des quantités de CO2 importantes: c’est un puits de carbone.

Quelle biodiversité dans cette tourbière?

Ce climat permet d’avoir une biodiversité très spécifique (boréale) que l’on ne retrouve pas habituellement dans cet environnement, c’est à dire une biodiversité comparable à celle observée en Europe à des latitudes plus élevées comme en Scandinavie. La Tourbière possède différentes espèces boréales et/ou protégées comme:

  • la libellule arctique: Cordulie des Alpes, inféodée aux tourbières
  • le triton alpestre (espèce protégée) (2)
  • la Sanguisorbe (3)
  • le papillon Azuré de la Sanguisorbe (4)
  • les sphaignes : mousses spécifiques des tourbières (5)
  • la Drosera : petite plante carnivore (6)
  • la fourmi Myrmica (7)
  • le Tétras-Lyre
Gestion de la tourbière

La tourbière est un milieu protégé depuis 1985 grâce à un arrêté préfectoral de protection de biotope. C’est une zone Natura 2000 car la biodiversité spécifique de cet habitat doit être conservée. Pour éviter la fermeture du paysage et la reforestation de la Tourbière, les éleveurs mettent leurs troupeaux à pâturer soit environ 180 vaches. Seulement le nombre de vaches doit être restreint car la tourbière est un milieu fragile et le sol est facilement dégradable. Ces troupeaux sont essentiels car si la forêt revient, une partie de la biodiversité de ce milieu ouvert disparaîtra. En hiver, pour la protéger, les skieurs ne peuvent pas passer sur la tourbière si la hauteur de neige est inférieure à 1 mètre.

Impacts du changement climatique

La disponibilité en eau pour les troupeaux en alpage à la tourbière est de plus en plus réduite. Cela es dû au changement climatique. D’ailleurs celui-ci fait remonter de 30 mètres les plantes tous les 10 ans, et de 100 mètres les animaux. C’est un problème pour la tourbière car certaines espèces sont fragilisées et de nouvelles espèces peuvent coloniser le milieu. Par exemple, le lagopède est une espèce menacée car il devient blanc avant l’arrivée de la neige et est donc plus vulnérable.